Attitudes envers la vaccination contre la COVID-19 et niveaux de détresse psychologique de la population du Québec : Analyse des déterminants socio-économiques de ces deux enjeux

Nous avons conduit une étude visant à évaluer les attitudes et intentions des Québécoises et Québécois dans le contexte de la COVID-19. Une enquête par questionnaire a été effectuée auprès de 1523 répondants au Québec au courant du mois de décembre 2020 et au début du mois de janvier 2021. Un bloc de questions portait sur la vaccination contre la COVID-19, plus précisément leur prédisposition à recevoir un vaccin contre la COVID-19, les risques anticipés de développer des effets secondaires suite à la première dose du vaccin, la prédisposition à renoncer à une seconde dose du vaccin advenant le développement d’effets secondaires suite à la première dose. Un autre bloc de questions portait sur le niveau de détresse psychologique des répondants. Les informations socio-économiques utilisées dans l’étude incluent l’âge, le sexe, le niveau d’éducation, le niveau de revenu et certaines informations médicales (présence ou non de handicaps ou facteurs de risques associés à la COVID-19, tabagisme, niveau de détresse psychologique).

Pour la vaccination, les résultats de l’étude montre :

  • Les Québécois ont une attitude positive à vouloir se faire vacciner contre la COVID-19. Plus précisément, 35 % des répondants ont déclaré vouloir se faire vacciner avec certitude et parmi ceux qui sont incertains (59% des répondants), la probabilité moyenne de se faire vacciner contre la COVID-19 est de 65%.
  • Les Québécois ont une prédisposition significativement plus élevée à vouloir se faire vacciner contre la COVID-19 en comparaison avec leur intention de vaccination pour la grippe saisonnière (influenza).
  • Parmi ceux qui sont encore incertains de se faire vacciner contre la COVID-19, l’origine de cette hésitation se trouve dans un risque perçu plus élevé de développer des effets secondaires suite à la vaccination contre la COVID-19.
  • Une proportion importante de répondants sont prédisposés à renoncer à la deuxième dose du vaccin en cas d’effets secondaires après l’administration de la première dose. La proportion de secondes doses qui seraient ainsi refusées varie entre 24% et 44% selon le degré de certitude de recevoir le vaccin contre la COVID-19 des répondants.
  • Ces attitudes varient à travers des sous-groupes de répondants. En particulier, les personnes de moins de 44 ans et les travailleurs en présence physique sont moins enclins à se faire vacciner contre la COVID-19 et plus enclins à renoncer à la seconde dose du vaccin en cas d’effets secondaires légers.
  • Ceci est en contraste avec les réponses des personnes avec des facteurs de risques ou plus âgées, qui sont plus enclines à recevoir le vaccin contre la COVID-19. De plus, malgré le fait d’anticiper d’être plus à risque de développer des symptômes secondaires après avoir reçu la première dose, elles indiquent aussi d’être plus ouvertes à recevoir la deuxième dose du vaccin, et ceci même en cas des effets secondaires.
  • Nous observons également que les personnes avec un niveau d’éducation plus élevé sont plus enclines à recevoir les deux doses du vaccin contre la COVID-19 et ceci même en cas d’effets secondaires légers.
  • Les résidents de la région métropolitaine de Montréal sont plus ouverts à recevoir le vaccin et associent une probabilité plus faible de développer des effets secondaires que les résidents dans le reste de la province.

En parallèle, le niveau de détresse psychologique mesuré dans l’étude est aussi plus élevé pour les jeunes et les répondants à faibles revenus.

La détresse psychologique est devenue l’un des enjeux importants de la pandémie. Une mesure dans notre enquête permet de dresser un portrait de l’état de détresse psychologique des Québécois fin 2020.

  • Environ une personne sur cinq se trouvait dans un état de détresse psychologique jugé important.

Les niveaux de détresse importants sont particulièrement présents chez les répondants à faibles revenus et les personnes moins âgées et encore plus parmi les jeunes ainsi que chez les femmes, les fumeurs, les personnes avec incapacités physiques ainsi que chez les personnes vivant dans les grandes villes.

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