La comptabilisation à la juste valeur a-t-elle joué un rôle dans la crise financière actuelle ? Cette question fait l'objet de la présente annexe. La comptabilisation à la juste valeur implique que les actifs et les passifs sont mesurés et constatés aux états financiers d'une firme selon leur valeur marchande ou selon de proches substituts. Les recherches universitaires exhaustives qui ont été effectuées au cours des 20 dernières années démontrent que les états financiers reflétant la valeur marchande des actifs ou des passifs fournissent une information pertinente pour les investisseurs. Dans ce contexte, la comptabilisation à la juste valeur n'est que l'indication de mauvaises nouvelles. À l'opposé, il existe un autre axe de recherche qui est très critique à l'égard des avantages attribués à la comptabilisation à la juste valeur et qui s'inquiète du fait que ce modèle fragilise l'essence même de l'établissement des états financiers. Plus particulièrement, certaines études font valoir que la comptabilisation à la juste valeur est difficile à vérifier, qu'elle peut être fondée sur des postulats ou des hypothèses peu fiables et qu'elle accorde trop de pouvoirs discrétionnaires aux gestionnaires en ce qui a trait à l'établissement des états financiers. Ce point de vue laisse donc à penser que la comptabilisation à la juste valeur ne transmet pas nécessairement un message neutre et objectif. Qui plus est, la comptabilisation à la juste valeur crée une dynamique circulaire sur le plan de la présentation de la situation financière puisque les marchés fournissent les données utilisées pour mesurer de nombreux actifs, influençant ainsi les bénéfices constatés qui sont ensuite consultés par les analystes et les investisseurs en vue d'établir la valeur marchande d'une firme. Si les marchés deviennent volatils, comme ce fut le cas au cours des derniers mois, les bénéfices constatés deviennent aussi plus volatils, alimentant ainsi l'appréhension des investisseurs. Par conséquent, la comptabilisation à la juste valeur étant associée à des états financiers plus volatils et moins conservateurs, cela peut avoir permis aux gestionnaires de retarder la constatation et de fausser les perceptions des investisseurs et des organismes de réglementation concernant le rendement et la stabilité financière à la fin de la bulle financière. Toutefois, au retour du balancier, la comptabilisation à la juste valeur peut avoir amplifié leur interprétation de la gravité de la crise financière actuelle, augmentant ainsi certaines tendances négatives.

Voir le document

Dernières publications

2017s-08 CS
An experimental investigation of rating-market regulation
Claudia Keser, Asri Özgümüs, Emmanuel Peterlé et Martin Schmidt
Voir le document

2017s-07 CS
Statistical tests of the demand for insurance: an “all or nothing” decision
Anne Corcos, François Pannequin et Claude Montmarquette
Voir le document

2017RP-02 RP
Politiques favorables à l’innovation en santé
Nadia Benomar, Joanne Castonguay, Marie-Hélène Jobin et François Lespérance
Voir le document

2017RP-01 RP
Évaluation économique du service de premiers répondants sur le territoire de l’agglomération de Montréal
Nathalie de Marcellis-Warin, François Vaillancourt, Ingrid Peignier, Brigitte Bouchard-Milord et Alain Vaillancourt
(document non-disponible)

2017MO-02 MO
Perception des risques - Baromètre Cirano 2017
Nathalie de Marcellis-Warin et Ingrid Peignier
Voir le document


Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations
1130 rue Sherbrooke Ouest, suite 1400
Montréal, Québec (Canada) H3A 2M8
(514) 985-4000
(514) 985-4039
reception@cirano.qc.ca

© 2017 CIRANO. Tous droits réservés.



Partenaire de :