Cet atelier s’adresse aux chercheur.euses et étudiant.es de doctorat en sciences économiques qui s’intéressent à l’économie des ressources naturelles et de l’environnement. L’atelier est animé par une équipe de professeurs.es composée de Geir B. Asheim (Université d’Oslo), Hassan Benchekroun (Université McGill), Sophie Bernard (Polytechnique Montréal), Etienne Billette de Villemeur (Université de Lille, UQAM), Robert Cairns (Université McGill), Justin Leroux (HEC Montréal), et Charles Séguin (UQAM).
Cet atelier sur l’économie des ressources naturelles et de l’environnement accueillera Nicolas Pinsonneault, doctorant à HEC Montréal, et Noémie Martin, doctorante à l'Université de Montréal.
→ Cet événement sera en anglais.
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Nicolas Pinsonneault, doctorant à HEC Montréal.
Political Turnover and the Design of Carbon Contracts for difference.
Résumé
Nous étudions comment les changements politiques affectent les investissements propres dans un contexte d'incertitude quant à la tarification du carbone. Dans un modèle dynamique intégrant le risque électoral, les entreprises investissent dans des technologies de réduction des émissions tout en étant confrontées à l'incertitude quant aux futures taxes sur le carbone. Les contrats de différence sur le carbone (CCfD) réduisent le risque lié au prix du carbone et peuvent atténuer le sous-investissement en stabilisant le rendement attendu de la réduction des émissions. Cependant, une fois que la production est endogène, les CCfD modifient les incitations à la production. Nous montrons que si un prix d'exercice choisi de manière appropriée peut rétablir de fortes incitations à l'investissement, les CCfD agissent comme des transferts conditionnels à l'État, entraînant une surproduction lorsque les prix du carbone sont bas et une sous-production lorsqu'ils sont élevés. Nous caractérisons le prix d'exercice optimal et montrons qu'il se situe entre les préférences politiques des partis politiques concurrents et qu'il augmente avec la probabilité de continuité politique. Enfin, nous montrons que la limitation du volume de production éligible à la compensation réduit les distorsions de production tout en préservant les incitations à l'investissement.
- Noémie Martin, doctorante à l'Université de Montréal.
Carbon Taxes and Inequalities: the Case of Transport in the US
Résumé
Cet article examine les effets distributifs de la taxation carbone sur les émissions liées au transport des ménages aux États-Unis, en mettant l'accent sur l'interaction entre les disparités de revenus et la localisation résidentielle. À l'aide d'un modèle qui intègre explicitement l'hétérogénéité spatiale et le comportement des ménages, j'analyse comment les différences d'accès aux alternatives à faible émission de carbone et les coûts de transport domicile-travail influencent à la fois les réductions d'émissions et les résultats en matière de bien-être. L'analyse évalue en outre le rôle des mécanismes de recyclage des recettes dans l'atténuation des charges inéquitables. Les résultats indiquent que l'hétérogénéité horizontale - en particulier la disponibilité des transports publics dans les zones urbaines par rapport aux zones rurales - influe davantage sur les variations des comportements et les effets sur le bien-être que les différences de revenus. Les ménages urbains peuvent se tourner vers des modes de transport moins polluants, ce qui leur permet de réduire plus efficacement leurs émissions et de limiter les pertes d'utilité, tandis que les ménages ruraux ont des possibilités d'ajustement limitées. Il est important de noter que la redistribution des recettes fiscales peut atténuer les effets régressifs de la taxe carbone sans compromettre l'efficacité globale, remettant ainsi en question le compromis traditionnel entre équité et efficacité.
