Ayant modifié en profondeur l'environnement d'affaires, la mondialisation amène bon nombre de petites et moyennes entreprises (PME) québécoises, et plus particulièrement celles du secteur manufacturier, à devoir s'engager dans un processus d'internationalisation. Il s'avère cependant que l'internationalisation de la PME est le plus souvent traitée par les gouvernements et les organismes publics ou privés de soutien à l'entreprise au travers d'un prisme unique, soit celui de l'exportation. Or, les PME ne sont pas toutes vouées à réussir sur les marchés étrangers parce qu'elles n'ont pas les atouts nécessaires (stratégie, produits, ressources et compétences), et parce que les propriétaires dirigeants de ces entreprises sont pour la plupart motivés par des facteurs de performance autres que la croissance. En d'autres termes, ce ne sont pas toutes les PME qui ont le potentiel ou la volonté d'exporter.

En contrepartie, une vision plus holistique de l'internationalisation des PME nous conduit à y intégrer non seulement les activités traditionnelles d'import-export, prenant la forme de flux internationaux de marchandises (dimension mercantile), mais aussi l'adoption par la PME de technologies ou de systèmes de fabrication provenant de l'étranger (dimension technologique), ainsi que des activités de partage d'information, de collaboration, et d'innovation avec des partenaires étrangers, incluant le recours à la sous-traitance internationale, l'établissement d'une filiale à l'étranger et l'investissement direct à l'étranger (dimension organisationnelle).

Partant de cette vision, le présent rapport de recherche se veut une analyse du comportement d'internationalisation de 588 PME manufacturières québécoises, et ce, à partir d'une enquête qui nous indique initialement que 68% des PME enquêtées sont importatrices, 52% sont exportatrices (22% à des pays autres que les États-Unis), 17% font appel à de la sous-traitance à l'étranger, 14% collaborent avec des partenaires étrangers, 6% ont établi une filiale à l'étranger, 6% ont effectué des investissements directs à l'étranger, et 22% ont des activités internationales autres telles que la prospection de clients étrangers, la mise à jour des compétences du personnel des ventes, et l'analyse de la concurrence internationale.

L'analyse des données d'enquête a permis d'identifier trois profils distincts de PME sur la base des diverses activités internationales réalisées, soit des entreprises dites « Expertes » (n = 119), « Intermédiaires » (n = 252) et « Débutantes » (n = 217). Les différences entre ces trois groupes de PME sur le plan de l'internationalisation sont d'abord reliées à des différences relatives à l'orientation entrepreneuriale et aux compétences des propriétaires dirigeants, ainsi qu'au contexte environnemental et organisationnel des entreprises. Ces différences sont aussi reliées au niveau de développement des capacités stratégiques des PME qui permettent et facilitent leur internationalisation, soit des capacités en matière d'innovation, de commercialisation, de ressources humaines, de réseaux et de technologies.

Globalement, ces résultats confirment la nécessité d'élargir la vision courante de l'engagement international des PME manufacturières québécoises. Seule une approche holistique et contingente, tenant compte à la fois des particularités de l'organisation, de son environnement et de son dirigeant permettra de tracer un « juste » portrait de la réalité et d'identifier des pistes d'intervention adéquates pour inciter ces entreprises à s'adapter ou s'intégrer à la mondialisation. Ces résultats confirment aussi la nécessité de mieux connaître les ressources et compétences d'affaires internationales requises par ces entreprises si l'on désire leur fournir un soutien approprié. Ainsi, les politiques publiques visant à stimuler l'internationalisation des PME devraient être formulées pour atteindre des cibles stratégiques plus précises, en prenant en compte les différents profils d'internationalisation identifiés dans cette étude.

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