Ce rapport examine pour les provinces canadiennes, si le taux d'investissement privé provincial dépend du taux d'épargne personnel provincial entre 1990 et 2009. Cette analyse est effectuée en reprenant le modèle de Feldstein et Horioka, dont le nom est associé à un paradoxe qui montre qu'en situation de parfaite mobilité internationale des capitaux, le lien direct entre épargne et investissement au sein d'un pays tend à s'étioler, jusqu'à disparaître. En effet, dans un environnement financier dénué de frictions, les montants épargnés ne sont plus fonction des opportunités locales d'investissement ou vice-versa, mais des débouchés internationaux. Cela signifie qu'une augmentation ou une réduction de l'épargne totale au sein d'un pays ou d'une région ne se traduit pas nécessairement par une variation identique de l'investissement total, puisque la balance commerciale peut jouer un rôle de tampon entre ces deux montants. Ces résultats ont été critiqués, que ce soit d'un point de vue méthodologique, économétrique ou théorique.

Le modèle économétrique de cette analyse a comme variable dépendante le taux d'investissement privé et comme variables indépendantes le taux d'ouverture de l'économie, le taux d'intérêt, la disponibilité de capital public, la disponibilité de capital humain et le taux d'épargne des ménages. Les données s'organisent en une structure de panel hétérogène dont la dimension temporelle excède la dimension spatiale. Le modèle est à effets fixes, puisque plus approprié au contexte étudié et se concentre sur les différences entre provinces, plutôt que sur l'évolution des variables au fil des années.

Les deux variables dont l'effet et la significativité demeurent stables d'une estimation à une autre sont le taux d'épargne des ménages et le taux d'ouverture de l'économie. Dans les deux cas, une augmentation de ces variables favorise le taux d'investissement. En ouvrant ses frontières, la province facilite les mouvements de capitaux, et se procure une nouvelle possibilité de financement d'investissement. Idem si l'épargne des ménages augmente et offre une source de capitaux domestiques. Cependant, les coefficients sont faibles puisqu'une variation de 1 de la première différence du taux d'épargne des ménages ne se répercute qu'à hauteur de 8,5 % sur la première différence du taux d'investissement. Il existe donc une relation entre taux d'épargne et taux d'investissement, mais d'une importance minime.

Ce résultat n'est pas à interpréter comme une mesure du degré de mobilité des capitaux, mais plutôt comme indiquant que la relation entre épargne et investissement au sein des provinces canadiennes est ténue.

Cette étude est en accord avec les écrits montrant qu'il n'existe pas de lien entre épargne et investissement, car aucun indice ne laisse supposer que le taux d'épargne provincial et le taux d'investissement provincial sont fortement corrélés au Canada. Ceci n'est pas étonnant considérant la structure pancanadienne des principales institutions canadiennes d'accumulation d'épargne (banques, fonds mutuels…).



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