La vision traditionnelle au sujet de la réglementation de l'environnement est qu'elle représente un coût additionnel pour des firmes, ce qui peut éroder leur compétitivité globale. Cependant, pendant la dernière décennie, ce paradigme a été remis en cause par un certain nombre d'analystes. En particulier, Porter (Porter, 1991, Porter et van der Linde, 1995) argue du fait que la pollution est souvent associée à un gaspillage des ressources (matériel, énergie, etc.), et que des politiques environnementales plus strictes peuvent stimuler les innovations, ce qui peut compenser les coûts entraînés par ces politiques. Ceci est connu comme l'hypothèse de Porter. En fait, il existe plusieurs raisons pour lesquelles l'amélioration de la performance environnementale d'une firme peut s'accompagner d'une meilleure performance économique ou financière, et pas nécessairement d'une augmentation de coût. Pour être systématique, il est important de regarder les deux côtés de l'état des produits et des charges.

Tout d'abord, une meilleure performance environnementale peut mener à une augmentation des revenus par les canaux suivants : i) un meilleur accès à certains marchés, ii) la possibilité de différencier des produits et iii) la possibilité de vendre la technologie de dépollution. En second lieu, une meilleure performance environnementale peut mener à des réductions de coûts dans les catégories suivantes : iv) coût réglementaire, v) coût en ressources, énergie et services (ceci se réfère principalement à l'hypothèse de Porter), vi) coût en capitaux, et vii) coût du travail.

Bien que ces différentes possibilités aient été identifiées d'un point de vue conceptuel ou théorique depuis un certain temps (Reinhardt, 2000 ; Lankoski, 2000, 2006), à notre connaissance, aucun effort systématique n'a été fait pour fournir des évidences empiriques soutenant l'existence de ces opportunités et évaluant leur importance. C'est l'objectif de cet article. Pour chacune des sept possibilités identifiées ci-dessus [de i) à vii)], nous présentons les mécanismes impliqués, une description des évidences empiriques disponibles, et une discussion des lacunes de la littérature empirique. L'objectif du texte n'est pas de prouver qu'une réduction de pollution est toujours accompagnée d'une meilleure performance financière, il est plutôt de montrer que les coûts encourus pour réduire la pollution peuvent parfois être compensés, en partie ou complètement, par des gains effectués ailleurs. Par un examen systématique de toutes possibilités, nous voulons également identifier les circonstances pouvant mener à une situation « gagnant-gagnant », c'est-à-dire, une meilleure performance environnementale et financière.

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