Depuis les années 1970-1980, les réactions d'opposition à la localisation d'équipements dangereux ou générateurs de nuisances se sont diversifiées, intensifiées et structurées au point de devenir un problème capital pour la société.

Forgé aux États-Unis et analysé comme un véritable syndrome affectant nos démocraties, l'acronyme NIMBY caractérise de plus en plus fréquemment ces conflits de localisation. Il découle d'une métaphore qui parle d'elle-même: « Not in my backyard ! », en français: « Pas dans ma cour ! » Cet acronyme est censé traduire l'attitude d'opposition d'une population locale vis-à-vis d'un projet lorsque celui-ci est susceptible d'entraîner certaines nuisances ou modifications, réelles ou supposées, du cadre de vie. En Europe, l'intensification des conflits de localisation est plus récente et l'appellation NIMBY entre peu à peu dans le langage courant.

Longtemps circonscrites aux projets d'implantation d'équipements considérés comme très polluants ou très risqués, les réactions d'opposition se sont généralisées et affectent à présent un nombre considérable de projets publics comme privés : parcs éoliens, décharges, incinérateurs, stations d'épuration et, plus récemment, les projets de prisons, de centres d'aide ou d'accueil destinés aux publics déshérités : demandeurs d'asile, toxicomanes... Les exemples de conflits NIMBY au Québec sont nombreux : localisation d'un port méthanier à Beaumont, implantation d'une compostière géante dans la municipalité régionale de comte de Roussillon, construction d'un parc éolien dans le nord du Québec.

Les risques liés à la multiplication des conflits NIMBY sont nombreux. En matière d'environnement, les victoires des militants NIMBY « ici » peuvent toujours provoquer ou aggraver les problèmes « ailleurs ». En matière d'équipement ou de services, du fait qu'elle contribue à retarder une constante et nécessaire adéquation entre l'offre et la demande, la multiplication des manifestations du syndrome NIMBY peut entraîner un sous-équipement chronique de certains espaces. Enfin, en matière d'aménagement du territoire, les situations de blocage dues à ce syndrome peuvent être à l'origine de phénomènes de relégation spatiale.

Ce Rapport bourgogne présente une vue d'ensemble du syndrome NIMBY et des mécanismes proposés par les économistes pour le surmonter. Concernant ce dernier aspect, du point de vue de l'auteur, les procédures centralisées doivent être abandonnées car elles ne laissent qu'une place trop limitée à la participation du citoyen. Elles doivent être remplacées par des procédures faisant appel au marché. Différents mécanismes théoriques peuvent alors être envisagés : la négociation, les enchères, les assurances ou encore les loteries. Ces mécanismes s'avèrent, sous certaines hypothèses, relativement efficaces. Il convient cependant de les manipuler avec précaution car ils peuvent, dans certains cas, déboucher sur des résultats difficilement applicables. L'auteur s'inquiète également du fait que les travaux sur le sujet sont rarement pluridisciplinaires.

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