Marie Connolly, Catherine Haeck, toutes deux Fellows CIRANO et Professeures à l’UQAM, et Marie-Mélanie Fontaine (chercheure postdoctorale, UQAM) ont publié lundi 19 mars 2018 une nouvelle étude CIRANO sur les écarts de revenus entre les mères et les femmes sans enfant au Québec.

Les disparités salariales entre hommes et femmes sont bien documentées. Les pénalités liées à la maternité ou à la paternité (c’est-à-dire les écarts de revenus entre les parents et les individus sans enfant) sont moins connues, mais n’en demeurent pas moins préoccupantes. Comme le Québec s’est doté d’une politique familiale parmi les plus généreuses au monde, il est intéressant de dresser un état des lieux de la situation.

Lors d’un séminaire midi au CIRANO le 19 mars 2018, les auteures ont présenté les principaux faits saillants de ce rapport de recherche. La présentation a permis d’apporter des éléments de réponse aux différentes questions ci-dessous :

  • Quel est l’écart salarial entre les mères et les femmes sans enfant au Québec et dans le reste du Canada ?
  • La pénalité affecte-t-elle différemment certains groupes de femmes ?
  • Y-a-t-il une corrélation entre la province de résidence (Québec vs reste du Canada) et la magnitude de la pénalité liée à la maternité ?
  • Existe-t-il un écart salarial entre les pères et les hommes sans enfant au Québec et dans le reste du Canada ?


Principaux faits saillants de l’étude

  • La pénalité liée à la maternité est généralement moins élevée au Québec que dans le reste du Canada. Les mères du reste du Canada ont en moyenne gagné 6,3 % de moins que les femmes sans enfant, à expérience, heures de travail hebdomadaires et âge égaux (c’est seulement 2,5 % de moins au Québec).
  • La pénalité liée à la maternité affecte-t-elle différemment certains groupes de femmes ? Pour le Québec, des différences de revenus sont ainsi notables lorsque l’on examine des sous-groupes particuliers. Par exemple :
    Les mères avec un niveau d’éducation moins élevé (pénalité de 8,8 %) et les mères monoparentales (pénalité de 10,9 %), deux groupes déjà plus à risque de se retrouver en situation de pauvreté et d’exclusion sociale, sont touchées par les pénalités liées à la maternité.
    Peu importe la province, les écarts de revenus se creusent avec le nombre d’enfants, les pénalités étant de plus en plus élevées. Ainsi, pour les mères québécoises qui ont trois enfants ou plus, les écarts de revenus sont de l’ordre de 10 à 23 %.
  • Si l’on analyse les trajectoires de revenus d’emploi des mères après la naissance de leur premier enfant, en comparaison avec celles des femmes sans enfant, les mères québécoises semblent encore une fois favorisées par rapport aux mères du reste du Canada. En effet, celles-ci retrouvent des revenus semblables à ceux des femmes sans enfant après quatre ans, comparativement à après 12 ans dans le reste du Canada.
  • La situation pour les hommes semble inversée : les pères ont en moyenne des revenus plus élevés que les hommes sans enfant. Toutefois, les pères, que ce soit au Québec ou dans le reste du Canada, ne voient pas leurs revenus augmenter à la suite de l’arrivée d’un premier enfant. Ces résultats laissent supposer que les pères et les hommes sans enfant diffèrent selon des caractéristiques observables et inobservables, et que celles-ci seraient à la base de la différence entre leurs revenus. Il n’y aurait donc pas de bonus lié à la paternité, mais plutôt une sélection différentielle entre les pères et les hommes sans enfant.


L’ensemble de ces résultats témoignent d’une corrélation entre la province de résidence et la magnitude de la pénalité liée à la maternité. Toutefois, la situation au Québec est, à bien des égards, meilleure que celle du reste du Canada. Il est possible, bien que non confirmé, que les politiques familiales du Québec (subventions aux services de garde et congés parentaux) aident les mères à garder un attachement au marché du travail et un niveau de revenus plus aligné avec celui des femmes sans enfant.


Consultez la présentation PowerPoint du séminaire

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